La privation de sommeil trouble la perception des comportements menaçants

Yanis
Par Yanis
2 min de lecture
23 juil. 2022 01:09:07
Dans une étude scientifique publiée au mois de Mars 2022, trente-quatre participants ont été exposés à des individus menaçants après une privation totale de sommeil de 27 heures consécutives.

Les participants devaient spontanément choisir d’éviter ou approcher des individus menaçants, manifestant lors de la confrontation un comportement de peur ou de colère. Le changement d’humeur et les capacités d’attention soutenue des participants ont été également évalués dans le protocole de recherche.

Lorsqu'ils étaient reposés, les participants évitaient l'ensemble des individus menaçants, avec une décision plus nette dans l'évitement des personnes ayant des comportements colériques.

Après une privation totale de sommeil de 27 heures, les mêmes sujets continuaient majoritairement à éviter les individus en colère, mais ne faisaient plus de choix aussi nets et pertinents quand à l'évitement des individus manifestant des comportements de peur ou d'angoisse.

Un individu en état de privation de sommeil serait donc moins attentif à certains signaux sociaux, et percevrait moins bien les comportements de peur et d'anxiété manifestés par une autre personne.

Les individus privés de sommeil n'auraient ainsi plus accès aux d'indices nécessaires à l'ajustement de leur propre comportement. La privation de sommeil est donc un facteur contributif d'une situation d'incompréhension mutuelle pouvant mener à une interaction conflictuelle. L'équipe de chercheur pense que la privation de sommeil ralentirait également "l’accumulation de preuves" et de signaux pertinents touchant aux comportements de peur ou d'anxiété manifestés par un interlocuteur.

Les auteurs notent enfin que la réduction de l'humeur positive des participants (et non l'augmentation d'une humeur négative, la nuance est importante) était positivement corrélée à la réduction de l’évitement des individus apeurés. Ils précisent toutefois que cette corrélation n'a aucun lien avec le déficit attentionnel des participants en état de privation de sommeil.

Ces résultats soutiennent l’hypothèse habituellement sous-estimée du fait que les personnes en situation de privation de sommeil font l'objet d'une altération de la rationalité de leurs choix d’évitement lorsqu'ils ou elles sont exposés au comportement menaçant d'une personne...

D'un point de vue métier, il faut donc imaginer l'impact que peut avoir cette privation de sommeil dans une situation où un policier doit interagir avec un suspect, un pompier avec une victime, un soignant avec un patient, un service d'assistance avec un client, évoluant tous dans des situations anxiogènes et inhabituelles... Ceci pourrait constituer une piste d'explication du pourquoi de certains comportements de ces professionnels, perçus comme inappropriés par une population peu au fait des contraintes invisibles du travail de nuit...

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